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 (429) cocaine blues ; Iban

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Grace Howard

Grace Howard

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MessageSujet: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeLun 27 Sep - 23:11

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Les lendemains matins, je n'aimais pas ça. Pourtant, ils revenaient toutes les 24 heures. Les veilles au soir étaient géniales, mais les matins étaient synonymes de visage défraîchi, de maux de tête incontrôlables et de cernes abominables. Tous les jours, le même schéma se répétait avant que je parte travailler. Il fallait que je fasse preuve d'un maximum de courage pour me défaire de ma débauche nocturne et accrocher sur mon visage un sourire convainquant. Elle me semblait loin l'époque où je n'avais besoin d'aucun effort pour faire ça. Mais rien ne me gênait. Seulement, aujourd'hui, nous étions samedi et le samedi, je ne travaillais pas. Tout juste éveillée, la pièce tournant encore atour de moi, d'un mouvement à peine perceptible. Je fixai les moulures du plafond, tout en écoutant les ronflements discrets d'Iban. Le drap blanc couvrait, à peine, nos corps nus, et je sentais encore la chaleur qui émanait de son être. Je me tournai lentement vers lui, il était là, allongé. Si je n'entendais pas sa respiration, j'aurais pu le prendre pour mort. Mais Dieu merci, il ne l'était pas. Quand il dormait, il paraissait toujours paisible, en accord avec son esprit et en accord avec tout ce qui l'entourait. Mais, il était autant inexplicable qu'inexpliqué. C'était une exception.
Dans un élan d'appel à la nicotine, j'attrapai un des nombreux paquets de cigarettes qui jonchaient le parquet de la chambre. Après l'avoir allumée, je tirai lentement sur la cigarette qui reposait entre mes lèvres sèches. J'avais tous les vices sauf celui du jeu, après cette constatation, je me sentais rassurée, alors qu'en toute théorie, je n'aurais pas dû. Maladroitement, je me levai du lit, laissant les restes de mon fiancé reposer en paix. J'attrapai une culotte, à la volée, puis l'enfilai. Aujourd'hui signait un nouveau jour, il fallait que j'occupe mon esprit et non pas que j'aille réveiller Iban en lui sautant dessus, comme à mon habitude. Je décidai plutôt de faire un petit déjeuner, sans tout laisser cramer. La cuisine, ça n'était pas mon fort. Mais mon père disait toujours « qui ne tente rien, n'a rien ». Dicton inventé pour les nuls, fait pour les rassurer. Après cette douce pensée pour mon père et ses grandes envolées lyriques, je me dirigeai vers la cuisine. J'étais surprise d'y trouver un tablier que je nouais autour de mon cou et de ma taille. Iban n'était pas très difficile question nourriture, c'était un mec après tout. Et puis, il serait obligé de se forcer à manger tout ce que je lui ferais, même si mort devrait s'en suivre.
Deux cafés et trois clopes, plus tard, je continuais à fixer la poêle. Ce qui me manquait, c'était un rail de coke, mais je le considérais comme une récompense en échange d'un petit déjeuner acceptable. Je me surprenais moi-même de tenter de m'obliger à faire des compromis avec mon instinct de cocaïnomane, mais soit. Je cassais les oeufs dans la poêle préalablement huilée et les regarder cuire. Une mouche commençait à virevolter dangereusement vers ma précieuse nourriture. Au début, je l'écartais calmement de la main, mais cette saleté continuer de venir. Un torchon à la main — armée jusqu'aux dents — je commençais à proférer des menaces dans le vide. Je tournai rapidement les oeufs et la mouche semblait s'exciter de plus en plus, au fur et à mesure que le temps de cuisson avançait. Mais elle accomplit sont geste de trop quand elle vint se poser sur ma main. Je brandis le torchon en arrière et le rabattis de toutes mes forces, sur ma main, sans réfléchir. Sauf qu'entre temps la mouche s'envola, et que ma main commençait à me faire sérieusement mal. Dans une lueur de désespoir un poil mélodramatique, je m'effondrais sur le sol. Tentant d'oublier ma petite douleur, je sentis une odeur de brûlé envahir mes narines. « Oh putain, c'est pas vrai ! » Je criais plusieurs "non" successifs avant de balancer la poêle dans l'évier. Tout était carbonisé.
Sûrement réveillé à cause de mes cris, Iban fit irruption dans la cuisine, à moitié endormi et l'air interloqué. Tant pis, j'aurai quand même droit à mon rail de coke.
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Iban Weiss

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MessageSujet: Re: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeMar 28 Sep - 22:01

Dormir, oublier l’espace d’un instant la vie et ses éclats de verres qui inlassablement éraflent le visage des idiots modernes. La nuit galope tandis que le petit jour la poursuit tel un chien avide de viande fraiche, affamé ou enragé. Trou noir dense où il est étrangement facile de se perdre ; Le rêve plonge dans un état second, les minutes se font odieusement heures et les drames les plus fous agrippent les tripes et détruisent la paisible escapade au dedans le néant superbe. Les yeux fermés, l’enfant sauvage parcourt les récits de son subconscient, la respiration régulière soulevant son torse imperceptiblement. Corps échoué au beau milieu de draps chiffonnés. Reflet ou miroir, ce squelette recouvert de muscles détendus n’est qu’une enveloppe. Une coquille presque vide, si seulement je n’existais pas. Il est moi, je crois. La présence de ma muse à mon côté ne doit pas y être étranger, la douceur et la mélancolie se mêlant maladroitement derrières mes paupières closes. Rare instant de sérénité pour mon esprit vagabond et enflammé. Je ne veux pas me réveiller, le sommeil m’étreint comme une mère à la tendresse inconsidérée. Tendresse offerte au chérubin turbulent. Je feins le repos avec pour intention de sentir le moindre de ses mouvements si merveilleux. Sirène chantant à mes oreilles, elle est le souffle, l’oxygène nécessaire à ma survie.
Les jours s’amoncellent, et les perspectives d’avenir paraissent sombrement inexistantes. Je suis sans nul doute un spécimen sans liens ni même accroches avec la réalité. Mer déchainée qui ne ferait que m’entrainer violemment vers le fond. Terrifié, peut être, je m’éclipse avant de me perdre. Rien ne compte, à part cette maigrichonne poupée de chiffon à la tignasse blonde. Je délire, à moitié conscient, nageur au sein de la bouilli intellectuelle qu’est mon cerveau. A sa pensée, un soubresaut agite mon organisme défoncé par les drogues et les mauvaises habitudes. Frémissement à peine perceptible, je soupçonne un courant d’air inexistant titiller mon épiderme. Le froid imaginé, mordant ma peau, féroce ou jaloux. Un gémissement nait aux travers ma gorge sèche, prémisse du réveil. Les poils sur mes bras se dressent, inspirant prudemment l’atmosphère environnante je cherche la présence désirée d‘une main incertaine. La place à ma droite est vide, mon cœur se sert, incontrôlable. Ma trachée brule et j’étouffe une toux soudaine — trop de cigarettes — en me retournant convulsivement le visage contre l’oreiller.
Le temps de reprendre mes esprits, la lumière du matin filtre entre les fines lattes d’aluminium du store suspendu et bancale devant la fenêtre aux carreaux sales. Le ménage est une corvée, notre cocon est un champ de linges éparpillés, de lectures désespérantes et nombreux vestiges de repas inachevés achèvent le tableau qu‘est mon bonheur. Son odeur enivre encore mes narines, je souris. Voleuse d’âme, la danseuse s’est évaporée en me délaissant. Je me mue en traqueur, ma proie sera bientôt entre mes bras.
Un bruit retentit par delà les montagnes de vêtements, le son court et frappe les murs du couloir. Il vient achevé sa mélodie dans la chambre, m’ouvrant à une peur inexpliquée. Je me courbe et m’extirpe du lit chaud. Enfilant de quoi me couvrir un minimum. Mes pieds nus foulent aussitôt le sol, mal assurés. Mes guiboles vacillent sous mon poids, et mon ventre crie famine. L’odeur de cramé me fait faire une grimace. Je tousse à nouveau, discrètement. Fantôme parmi l’ombre, je suis le silence et l’indécision. Enfin, je pénètre à l'intérieure de la cuisine, scène du crime futur. Et je la lorgne, mes iris se fixent à son visage de porcelaine. Je me sens sur le point de défaillir tant elle est belle. Là, pleurnichant telle une enfant capricieuse mais pleine de bonnes intentions. Un rictus étire ma bouche, de l’amusement doit pouvoir se lire sur ma figure. Je ricane en croisant les bras sur mon poitrail, la toisant, curieux d’observer sa réaction face à mon mutisme. Devinant ses formes graciles sous son tablier de cuisine — plus déguisement qu’autre chose — sans difficultés aucunes. A cet instant précis, la certitude m’envahit. Elle est celle avec qui je veux passer l’entièreté de ma fragile et merdique existence. Je pince mes lèvres, en détournant le regard. Honteux de m’enliser dans de pareil mélodrame.
Je tombe immédiatement nez à nez avec un paquet de cigarette trainant sur le plan de travail, par reflexe j’avance en quelques larges enjambés et tire la tige blanche. La coinçant entre mes dents, les doigts tremblent, par nervosité surement. Passant une main sur mon crâne, je marmonne, agacé de ne pas trouver de quoi l‘allumer. Ma mauvaise humeur, virus contagieux, irradiant ma cervelle infecte. Je minaude, simulant l’indifférence qu'elle mérite pour m'avoir fait flancher ; avec brio.
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Grace Howard

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MessageSujet: Re: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeMer 29 Sep - 19:29

Notre histoire n'avait ni queue, ni tête. Il n'y avait pas de début et n'aurait pas de fin. Nous étions étranges et nous le savions. Il était là avec son petit sourire en coin. Mais ne disait rien. Je détestais quand il ne parlait pas. Tout cela avait tendance à me retourner. Je me sentais comme inexistante à ses yeux. Il avait cette attitude de je-men-foutiste, cette attitude qui me semblait une torture. J'aimais voir une étincelle dans ses yeux quand il me regardait, j'aimais savoir qu'il ne pensait qu'à moi. C'était une attitude égoïste. J'avais l'air d'être ce genre de filles folle de son mec, mais je l'étais... J'étais accro à Iban. C'était ma bouffée d'oxygène. Mais nous nous détruisions l'un l'autre, on se regardait brûler. J'avais souvent peur pour lui, peur de me dire qu'un jour, il ne serait plus là, qu'il disparaîtrait. Il rejoindrait ses amis les anges. Parce que c'est ce qu'il était, un ange déchu. Il n'avait pas trouvé sa voie ici, parce qu'il aspirait à une existence plus grande. Les yeux dans le vide, je souriais à cette pensée et posai mon regard sur lui qui cherchait un briquet des yeux. Je lui lançai la boîte d'allumette, qui reposait à côté de moi, sur le torse. Je voulais qu'il se rappelle de ma présence. « Bonjour ! » J'essayais de me donner un air vexé, voire énervé, mais je ne pouvais pas m'empêcher de lui sourire. Alors, j'évitais au maximum son regard. C'était pas du jeu, un point c'est tout. J'étais enfantine, puérile et petite. Je voulais tout et tout de suite. Je reportais mon attention sur la poêle carbonisée. J'allumais énergiquement le robinet et commençais à gratter les restes d'oeuf avec l'éponge déchiquetée. Nous n'étions pas au point en matière de ménage, d'électro ménager et nouveauté. On vivait comme ça, entre deux cigarettes et deux bières. On s'aimait comme des fous, on ne se le disait pas, mais chacun d'entre nous le savait.
Je prenais la cigarette qui était dans la poche de mon tablier et la collait entre mes lèvres. Je l'allumai distraitement avec le brûleur de la cuisinière et m'avançait vers le frigo. J'en sortais deux yahourts, et deux bières. « J'ai essayé de faire mieux que d'habitude. Mais ce fut un échec cuisant, et c'est le cas de le dire. Régale toi. » Je lâchai un petit rire ironique. Ces yahourts étaient très loin d'être un délice, mais il n'y avait rien d'autre. On avait manqué notre devoir de petit ménage parfait, et n'avions fait les courses, cette semaine. Seulement, ça devenait urgent. Même si rien n'était vraiment parfait, je me sentais bien, pour la première fois, depuis longtemps. Vivre avec un père marine ça n'avait jamais été l'idéal, et je détestais Détroit. Je ne voulais jamais avouer que mon père me manquait et que l'avoir laissé seul, avec lui-même, là-bas, me faisait sentir coupable. Lui, il n'avait personne pour s'occuper de lui ou de qui s'occuper. Mais j'étais certaine que ça lui était plus facile de ne pas avoir « artiste exclue de la société » dans ses pattes (dixit Mr. Howard). Mon passé me rendait morose. De toutes façons, je ne savais pas comment caractériser mon existence : un drame ou une vaste blague. Peut-être que c'était moi qui dramatisais tout en fin de compte. Je posais à nouveau mes yeux sur Iban. Il n'avait toujours pas bouger d'un pouce. Son yahourt et sa bière toujours au même endroit. Je décidai de prendre les devants, une seconde de plus et j'explosais en sanglot ou de rire. J'étais un bouillon d'émotions incontrôlables. A l'aide d'un décapsuleur, j'ouvrais les deux boissons, laissant les yahourts livrés à eux-même, sur le plan de travail. Je m'approchais à pas légers vers l'homme que j'adorais. Il m'avait toujours fait cet effet, dès le premier jour, même si j'avais mis longtemps à me l'avouer. Une fois face à lui, je lui tendais la bouteille tout en buvant goulument dans la mienne. Je m'approchais encore plus près de manière à sentir la chaleur qui s'échappait de son torse. Je posais ma bière parterre et me dressais sur la pointe des pieds pour être à sa hauteur, puis collais ma tête contre sa poitrine, en faisant glisser mes doigts dans son dos. Il était toujours tout chaud, j'adorais ça. Iban était le genre de personne à avoir un dérèglement de température interne, et que, même en cas de froid intense, avait toujours le corps chaud. Encore un fait étrange qui le constituait. « Si on faisait quelque chose aujourd'hui ? » Je disais ça d'un air plutôt rêveur. En réalité, je n'avais pas la moindre proposition à émettre. J'avais juste envie de passer un peu de mon temps avec lui, hors de notre appartement. J'espérais qu'il accepte. Après tout, avec Iban tout était possible. Nous avions cette fâcheuse tendance, à parfois tout faire valser. Aucun de nous ne se gênait pour péter les plombs et faire souffrir l'autre. On était des monstres. Ca aussi on le savait. C'est comme ça qu'on se détruisait, mais malgré tout, vivre l'un sans l'autre nous était impossible. On était à la fois la meilleure et la pire chose qui ne nous soit jamais arrivées.
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MessageSujet: Re: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeJeu 30 Sep - 0:50

J’ignore si je survivrais à son regard assassin. Criminelle arrachant mon cœur de ses petits doigts fragiles, farfouillant amoureusement entre les côtés et me renvoyant le sourire de l‘innocence. Je suis le torchon avec lequel elle peut se ressuyer. Je suis le mouchoir qui soustraira les larmes douloureuses de ses joues. Je suis le tout, je veux qu’elle demeure à jamais l’oisillon coincé par mes pattes trop lourdes. J’imagine que l’existence sans ses frêles guiboles et son visage pâle n’aurait surement plus grande logique. Comment en suis-je arrivé là ? J’ai oublié le chemin, j’ai franchi la barrière et le point de non retour. Torturé puisque délibérément enchainé à ses bras de gamine mal nourrie, elle m’effraye avec ses larges pupilles aux reflets incandescents. Face à sa figure aux traits délicats, me voilà retournant quelques années en arrières, comme si rien n’avait jusqu’alors changé. Le temps stoppe sa course folle lorsque je ressens sa présence. Immonde chimère dévorant mon être avec violence. Sadisme éblouissant, m’enivrant à m’en faire perdre haleine. Je m’étouffe, ma gorge se sert et mes poumons se bloquent. L’idée de la perdre vient de m’effleurer un bout de la cervelle, morve dégoulinante de ma boite crânienne. En serait-t’elle capable ? Pourrait t’elle infligé douleur plus infâme que sa disparition ? Je sers la mâchoire en tentant de refouler cette tellement stupide hantise. Pour toujours, nous sommes nous jurés, muets mais sincères. Je lis en elle, comme dans un journal intime que j’aurai écris moi-même à l’encre de chine. Les feuilles raturés n’ont aucun secret pour ma détestable personne, j’en déchire les pages quand il me plait. Je brûle les coins de cartons abimés dès lors que je m’ennuis. Je le balance vulgairement à travers la pièce si il m’insupporte. Non, je ne ferais pas ça. J’aurai certainement trop peur de le voir se disloquer par ma faute. Elle, Grace, esquisse du destin, ligne tracée au fer rouge sur tout mon corps. L’amalgame est trop rapidement établi, je chancèle. Epouvanté par mes songes.
A force de penser, j’en oublie l’objet de mon humeur exécrable. Quelque chose vient frapper mon torse, je baisse les yeux et découvre avec émerveillement — tel un gosse venant de trouver une petite pièce de quelque centime — les allumettes que ma muse s’est empressée de me donner. Je suis donc prévisible à ce point ? J’esquisse un faible sourire, heureux de constater que ma ruse a fonctionné. La belle harpie a récupéré ma saleté de bouderie. Et son ton n’est en rien plaisant. Le naturel reprend ses droits, je retrouve la blondasse qui m’énerve. Caractère de chien, qui de nous deux mène la danse, je me le demande en fronçant discrètement les sourcils. Un mal de crâne bouleverse le champ de bataille que je mets au point, pour l’affronter en compagnie de mes plus belles armes. Déçu de céder si facilement, peut être. Le jeu se retourne contre moi, je me prends comme une gifle sur la joue. Un poing de boxer me pétant les dents et m’éclatant la langue. Je la veux, immédiatement. J’en crève, je brule de l’intérieur, c’est insupportable. Je vais mourir et m’éteindre à ses pieds. Gémir ou hurler tant ma faiblesse est affligeante. Grace représente le chaos tourbillonnant, elle balaye d’un revers de la main mes remparts pourtant inébranlables. Suffoquant de plus en plus, je ferme les yeux quelques secondes afin de recentrer mes efforts sur ce duel parfaitement inutile et puéril. Cela me divertit, je suis un connard. Fait avéré et prouvé, validé par tous ce ayant la malchance de me connaitre.
La cigarette coincée au coin de ma bouche tombe sur le sol, j’ai perdu l’envie de l’observer et la sentir se consumer. Passant ma paume de main sous mon menton, je frotte vigoureusement la chair encore engourdie afin de sortir de ma torpeur. La peau y est râpeuse, je ne me suis pas rasé depuis un ou deux jours. Je ne compte pas, ça m’angoisse. Les heures coulent et je n’arrive pas à les voir filer. Nous serons vieux avant même que je ne m’en aperçoive. Je l’écoute d’une oreille distraite, cette matinée est mauvaise. Je veux dormir et ignorer le jour criard, qui se pavane au dehors. Le bruit des voitures, de la ville et ses habitants ; me donne la nausée. Statuette de marbre, ou de braises. Immobile, ma carcasse est plantée dans le carrelage de l’endroit et ne paraît absolument pas apte à se mouvoir dans l’espace offert à ses membres.
Blondie se glisse et se blottit. Elle se fond en moi, merveilleuse hallucination. Je perçois les battements automatiques de son pou. Fantasme bien vivant, je veille à ce que l’instant reste éternité. Figés, immortelle abstraction. Doucement, ma tête s’incline. Je baise le haut de son crâne d’une tendresse m’étant inconnue. Ce n’est pas moi qui dicte mes gestes, je réagis machinalement. C’est si bon, nous ne sommes pas fait pour être ensembles. Je la brise amoureusement. Duo sordide, que l’on jalouse j’en suis cependant persuadé. Sa voix carillonne à mes tympans, mes bras enlacent son ventre et la calle plus précisément contre le mien. Descendant le long de sa nuque, ma bouche effleure son épiderme à la fraicheur enivrante. Etourdi par la fragrance de cette poupée de porcelaine, j’exulte. « Qui te dis que je veux partager ma journée avec toi ? » Ca claque comme un fouet dans l’air. Les mots roulent sur ma langue et m’échappent. « J’préfère encore me défoncer à l’héro. » Ordure de seconde zone, je veux la voir enrager. Embrassant son cou, remontant et mordillant son oreille. Je me flatte de devenir soudain cruel. Inventant là une manière de me débarrasser de mes frayeurs de ce réveil, en la poussant à s’échapper. Idiotie ! Contradictions s’emmêlent et s’entrechoquent dans mon esprit putride. Je m'autodétruis.
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MessageSujet: Re: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeJeu 30 Sep - 21:06



« YOU KNOW, THERE'S STILL A PLACE FOR PEOPLE LIKE US. »

« Là où tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Le célèbre vers de poésie était l'opposé de notre triste vie. On était les acteurs principaux d'un film tragique. On savait qu'on allait regretter ce qu'on faisait, mais la fatalité pesait un trop gros poids sur nous, pour que nous puissions y échapper. C'était notre vie. Un train de vie qu'on avait raté, on s'était probablement trompé de quai. Avec lui, mon impulsivité habituelle me jouait des tours. Il me déroutait. J'aurais pu aller lui chercher la lune, mais à chaque fois, que je voulais lui prouver qu'il était tout. Il détruisait le semblant d'union spirituelle qui nous unissait et revenait simplement aux plaisirs charnels. Je n'étais pas du genre à refuser. Tout compte fait, je ne pouvais pas. Il avait main mise sur mon coeur, ma raison et mes muscles. J'étais prisonnière d'un amour dévastateur dont je ne pouvais m'échapper, à moins que la mort m'en sépare. Contrairement à toutes les idylles, ça on ne se l'était pas promis. Ma tête reposait encore sur son torse alors qu'il déposait ses lèvres sur ma tête. C'était tellement agréable. Un frisson parcourut lentement mon dos quand il m'enlaçait. Mais sa réponse sonna comme un ouragan dévastateur. C'était du pareil au même. Il réussirait à me tuer, j'en étais persuadée, mais j'étais incapable de m'en défaire. Combien de fois j'aurais pu l'envoyer au diable, mais où je n'ai rien fait. Je sentis mon corps se crisper et mes membres se raidir. Il m'embrasse dans le cou, comme soudainement habité par le démon. Ses accès de folie me déconcertaient. Ses gestes contredisaient ses paroles. Les larmes montaient dans mes orbites et mes poings se serraient. Je n'arrivais pas à me faire à ce genre de discours. C'était trop pour mon petit être. Il ne pouvait pas me faire croire qu'il m'aimait et me cracher ça à la figure. Je ne voulais pas l'accepter. Je me desserrais de son étreinte, maudissant ses baisers et son être. Mon regard de plomb s'abattait sur lui comme une multitude balles de mitrailleuses. Je le foudroyais, en affichant mon air de dégoût trop bien connu, sur le visage. Je ne pouvais plus être son jouet, cela m'était insupportable. Ce jeu ne me dérangeait guère quand nous n'étions que deux inconnus. Mais nous étions fiancés, dorénavant. Il ne pouvait pas me faire ça, même s'il savait que jamais je n'oserais le quitter, le laisser lui, seul avec sa méchanceté et sa colère, ses meilleures amies, et mes pires ennemies. Je ne voulais pas exploser, je ne voulais pas qu'il gagne. Je fis quelques pas en arrière, détestant le jour de notre rencontre. Je rattrapai ma bière, en bus quelques gorgées. Et, retrouvant mon impulsivité légendaire, lui crachai ce qui me restait dans la bouche au visage. « Tu vois Iban, tu n'es pas le seul à pouvoir cracher à la gueule des gens. » J'avais explosé, il avait gagné. Mes émotions me dépassaient toujours, elles prenaient constamment le dessus. Déçue par lui, et par moi-même. Je me retournai et tirai nerveusement sur ma cigarette. Il n'allait pas tarder à riposter. Iban n'était pas du genre à accepter de se faire cracher de la bière dessus, je le savais. Moi, j'étais au bord de la crise de nerfs. Nous vivions ces situations chaque jour. Chaque jour, j'étais obligée de me rendre compte que je n'étais pas assez bien, qu'il méritait mieux, qu'il avait besoin de mieux. Je n'arrivais même plus à le blâmer, c'est moi qu'il fallait accuser. Je me sentais comme la cause de son mal être, comme si n'importe qui d'autre lui aurait plus convenu. J'avais l'impression d'être la pauvre fille qu'il avait demandé en mariage, parce que sur moi il pouvait se vider sans craindre grand chose. J'étais l'éponge qui absorbait ses émotions. Mais la plupart de celles qui me parvenaient étaient négatives. Frénétiquement, ma vision commençait à se troubler. J'avais besoin de cocaïne. Je ne voulais plus voir son visage, je ne voulais plus m'attendrir. Je n'étais pas prête à de nouveaux affrontements. Il avait gagné la guerre, moi j'essuyais une défaite humiliante. « En amour comme à la guerre, tous les coups sont permis. » Ca, sans le moindre doute, ça nous caractérisait. On était les architectes d'un destin voué à l'atrocité de nos coeurs secs, on ne pourrait jamais revenir en arrière. On était là, à se vomir nos paroles mortelles. Chacun pour soi, même s'il m'était plus cher que tout. Notre amour était énigmatique, c'était une plaie ouverte qu'on ne recousait pas. Il était à vif. Je voulais qu'il souffre autant que moi, mais ça me paraissait impossible. La douleur physique ne lui ferait rien, et je ne pourrais pas l'atteindre mentalement. Trop faible, trop chétive. Mon corps nu commençait à avoir froid. La lumière du matin semblait beaucoup moins avenante qu'à mon réveil. Mon humeur s'accordait à la sienne, on était détestables. Il avait la chance d'être quelqu'un de fort qui semble ne rien ressentir. A côté de lui, j'étais insignifiante. J'étais la poupée de cire qui fond au soleil. La poupée de chiffon qui se salit vite. La barbie avec laquelle on ne veut pas jouer. Je voulais juste qu'il m'aime de tout son coeur, qu'il me le montre, qu'on arrive à vivre en harmonie. Je ne voulais plus être l'instrument de ma propre torture. Je me demandais ce qui clochait chez nous, ce qui clochait chez lui. Il ne comprenait pas combien ça faisait mal, il ne savait pas ce que c'était de se faire griffer en plein coeur.
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MessageSujet: Re: (429) cocaine blues ; Iban   (429) cocaine blues ; Iban Icon_minitimeMer 15 Déc - 20:15



Princesse mal installée sur son trône, belle au bois dormant réveillée trop brutalement par un vaillant chevalier. Non, un crétin endurci. Je ne peut m’empêcher de la fixer, sans pouvoir cependant bouger. Une pierre à la place du cœur, mon cerveau me fait souffrir. Je ne suis qu’un monstre, qui ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Tout dans ma vie va trop vite, je marche sur des œufs, me cogne au destin, me noie dans l’histoire. Je ne suis qu’une créature incapable de se nourrir, elle est l’élément qui me ferait changer, en un claquement de doigts. En un hurlement ou chuchotis. Qui me submerge de haine et de rage à chaque seconde qui s’écoule. Parce qu’elle anime mon organe malade, elle apporte mes pires craintes et tourmente mes si précieuses certitudes. Parce qu’elle est la lumière au fond du tunnel. Mais cette si puissance source argentée, est d’une effrayante beauté. Elle me fait m’enfuir, la queue entre les jambes. Elle me fait vomir et dérailler. Combien de temps encore devrais-je affronter mon cauchemar indispensable ? Me cracher au visage, revisite l’image que j’avais de la vipère et son venin. Essuyant maladroitement ma figure blanchâtre salie de bière. Liquide d’une rare dangerosité. Je devine immédiatement la blessure que je viens de lui infliger, et j’esquisse un pâle sourire tandis qu’elle me répond violemment sa si grandiose humeur, véhémente et décharnée. Je suis satisfait, gamin bagarreur sans aucune volonté. Mais trop vite des spasmes agitent mon bas ventre, mes tripes se tordent, ma grimace infâme se dissout. Elle m’échappe, elle s’envole loin de moi. Veut surement me quitter, elle me hait d’une farouche hargne. Elle va disparaître sans que je ne puisse l’agripper. Instinctivement mes jambes se fissurent et se brisent. Elles se plient et me guident à ses côtés. Le soleil du matin suinte sur nos corps, l’ange blond qui me tourne le dos me fait frémir. Je chancèle et mes poumons se contractent. Se vident et me font devenir agonisant, sans oxygène, étouffant comme le disgracieux et le sordide. Le refoulé qu’aucune famille n’accueillerait. Que l’on pousse au pas de la porte. Souffreteux et contagieux. J’empoisonne l’humanité, j’empoisonne mon aimée.
Et ses paroles raisonnent dans ma cervelle, ces salopes cognent contre la paroi osseuse de mon crâne. Je sers les dents, proche de l’hystérie. Je sens une chaleur m’envahir, elle grimpe, asticot polisson tentant de me fait exploser. La mâchoire scellée, je risque de parler; Il ne faut pas, il faut effacer les mauvaises idées puisque la poupée de chiffon va bientôt se dissoudre comme un cachet d’aspirine, entre mes mains d’une intense cruauté. Je serais à cet instant, dévasté ou bien simplement muet. Et je m’endormirai, pour ne plus jamais m’éveiller, je le promets. Je lui promets. « Tu sais, bébé… Si un jour tu me quittais, j’en crèverai. » La coquille se fissure, je suis le contour de ses formes, et semble prêt à dévorer cette chair trop pâle pour être réelle. Pense t’elle que mes regrets sont purs et dépourvus d’arrières pensées ? Croit t’elle que je suis sincère ? Je me mords la lèvre inférieure, au point de percevoir le gout étrange du sang. Ce vin délicat et légèrement ferrailleux. Plissant les yeux, la douleur me fait avoir une fort désagréable nausée. Je vais dégueuler alors que je n’ai rien avalé. Peut être ma méchanceté souhaite t’elle enfin me quitter. J’en doute. Un espoir, je suppose.
M’approchant un peu plus, je suis un loup affamé. Mes doigts s’enfoncent dans sa tignasse d’or, j’effleure avec douceur retrouvée sa nuque enflammée. Sirène chantant à mes oreilles, il est dit que les monstres font les lois du monde. Nous serons ces monstres. Je me souviens que j’étais incompatible, un dément, avec les dents au dehors et la rage au-dedans. Et puis elle est arrivait, et tout a finalement changé. Les petites bêtes glapissent quand elles nous voient passer. C’est de la jalousie et de l’envie, puisque nous ne pourrions être mieux accordés. L’un ne serait nullement entier sans l’autre, je ne peux imaginer qu’elle embrasse quelqu’un d’autre. Que sa bouche d’un rose timide survole une différente de la mienne. Elle l’écorcherait, l’égratignerait comme les épines d’une rose dans le pouce. J’emprisonne l’un de ses poignets et me glisse face à elle. La surplombant de mon humble hauteur, je soulève son bras et baise le revers de sa main en ne la quittant plus du regard Mes iris plantées dans les siennes, j’attends une réaction. Qu’elle me gifle ou me morde, la sentir agir sur ma personne m’apaiserait. Qu’elle souffle le feu, et joue avec mes os. Je ne m’arrêterai jamais de la désirer.
L’appartement me paraît sombrement étriquer, il veut m’engloutir et m’écraser. Les murs se rapprochent, étroit étaux. Les odeurs de la cuisine et celle de l’alcool m’emplissent les narines, le courant d’air me fait trembler imperceptiblement. Je suis en manque, la drogue ne pourrait rien y changer. nerveux, je passe ma main libre dans ma tignasse hirsute, j’ai peur. Mon organisme tout entier braille d’épouvante. Si seulement elle lisait le voile d’horreur dans mes yeux. Si seulement je m’avérai moins con et prétentieux. Lui soustrayant avec quiétude la cigarette encore fumante, je la balance vulgairement dans l’évier à une dizaine de centimètres de ses hanches. J’attends une défense, une ruade ou une riposte. La gorge nouée, j’ai le vertige. Elle me tue et n’en a même pas conscience. Quel plaisir. Amants incompris.
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